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Le pigeon migrateur américain

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Un spécimen unique dans nos collections

Ce pigeon n’est pas un simple pigeon comme ceux qui fréquentent nos villes et dont la nuisance conduit à la mise en place de mesures destinées à limiter leur propagation. Mais son histoire est riche d’enseignements.

Il s’agit d’un pigeon migrateur américain femelle aussi appelé tourte migratrice, espèce aujourd’hui disparue. Malheureusement, faute d’informations, nous ne savons pas comment elle est entrée dans les collections du muséum. Aucun numéro ancien n’est visible sous le socle, et il n’existe aucune trace d’un pigeon migrateur américain dans nos inventaires anciens.

Sa présence dans nos collections traduit le rôle de conservatoire des espèces actuelles et passées que sont les muséums. Ils permettent de faire découvrir un patrimoine naturel aujourd’hui disparu et de sensibiliser à la protection de la biodiversité.

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Qu'est-il arrivé à cette espèce?


Au milieu du 19e siècle le pigeon migrateur américain faisait partie des espèces les plus abondantes sur terre. La population totale était estimée entre 5 et 10 milliards d'individus, soit plus importante que notre propre espèce aujourd'hui.

L'ornithologue américain Alexandre Wilson assista, en 1832, à un passage de pigeons lors d'une migration dont il évalua le nombre à deux milliards deux cent trente millions. Il témoigne d’un flot continu d'oiseaux si dense que la lumière du soleil en a été obscurcie pendant plusieurs heures.

Comment une espèce aussi abondante a-t-elle pu disparaître ?

Ce pigeon avait un régime alimentaire omnivore opportuniste à tendance herbivore. A l'image des criquets migrateurs aujourd’hui en Afrique, il vivait en colonies immenses, s’attaquait aux cultures auxquelles il causait des dommages irréversibles lors de ses déplacements. Il fut rapidement déclaré nuisible par les américains. Des concours étaient organisés et des récompenses étaient attribués à ceux qui tueraient plus de 20 000 ou 30 000 individus.

L’espèce fut massacrée... En quelques années seulement, le pigeon migrateur était devenu le plat à la mode des américains à cause de son faible coût. Les commerçants en vendaient parfois plusieurs milliers par jours. Il servait aussi à nourrir les porcs ou bien était utilisé comme engrais. Cette folie gagna rapidement l'Europe, augmentant encore la vitesse du massacre.

Mais malgré cette chasse intensive, un autre facteur est probablement à l’origine de cette disparition. Une maladie, attrapée au contact des volailles d’élevage est suspectée d’avoir participé à cette extinction. Il est aussi probable que cette espèce, très grégaire, ne soit plus capable de survivre en dessous d’un certain seuil d’individus, même élevé. Les effectifs déclinent alors inexorablement, jusqu’à l’extinction.

A la fin du 19ème siècle le nombre de pigeons migrateurs avait déjà tellement diminué qu'il était devenu rare d'en voir. Il ne constituait plus une menace pour l'agriculture, mais la chasse continua.

Le dernier individu de cette espèce, nommé Martha, est morte le 1er septembre 1914, à l'âge de 29 ans, au zoo de Cincinnati dans l’Ohio. Elle figure aujourd’hui dans les collections du Muséum national d'histoire naturelle de Washington.

En moins d'un siècle, l'Homme a contribué pour une part importante à la disparition de l'une des espèces les plus abondantes sur terre.

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Bibliographie :
A la rencontre des animaux disparus. Georges Daublon. Edition Flammarion (2004)
Bestiaire disparu, histoire de la dernière grande extinction. Luc Semal. Editions Plumes de carotte (2013)
Animaux disparus : histoire et archives photographiques. Errol Fuller. Editions Delachaux et Niestlé (2014)